Défense des forêts contre l’incendie (DFCI)

La Défense des Forêts Contre l’Incendie (DFCI) vise principalement à limiter le développement des incendies dans les massifs forestiers.

Elle comprend notamment :

  • La mise en place d’équipements dans chaque massif sensible pour le cloisonner, en faciliter la surveillance, permettre l’accès et la sécurité des secours et assurer la permanence de l’eau.
  • La mise en œuvre d’un dispositif estival de surveillance d’alerte.
  • L’équipement de la DFCI

 

Les pistes DFCI

L’accès facilité aux massifs forestiers est un gage d’efficacité pour les moyens de lutte. L’arrivée rapide et sûre au plus près du sinistre ne peut être garantie que par des pistes en nombre suffisant et correctement entretenues. Elles possèdent toutes une bande débroussaillée et elles doivent déboucher sur un axe de circulation pour ne pas piéger les secours engagés. La création et l’entretien d’un vaste réseau de pistes permet de mailler les massifs.

Elles ne sont pas des routes ouvertes à la circulation…. Les voies de Défense des Forêts Contre l’Incendie ont pour objet de permettre la circulation des véhicules et personnels chargés de la prévention et de la lutte contre les incendies de forêt à l’intérieur des massifs forestiers afin d’en assurer la protection.

Pour y assurer la continuité d’un réseau défensif, la loi a donné aux pouvoirs publics la possibilité d’établir sur les propriétés une servitude de passage et d’aménagement.

Les points d’eau

Citernes, plans d’eau, poteau incendie sont indispensables au bon ravitaillement des moyens de lutte (terrestres et aériens pour les hélicoptères bombardiers d’eau). Cette ressource en eau est vitale pour les opérations d’extinction et la défense des habitations.

Les vigies

Le dispositif des vigies est complété par des patrouilles au sol formées par les bénévoles des Comités Communaux Feux de Forêt et les personnels de l’Office National des Forêts et des DDTM, ainsi que des forestiers sapeurs des départements.

L’ensemble de ces moyens est un gage de réussite pour la détection et la dissuasion des feux ainsi que pour lancer et orienter les moyens de lutte sur des incendies au stade de l’éclosion.

Les coupures

Le cloisonnement des massifs peut être réalisé par l’aménagement de vastes coupures dites “de combustible”. Sur ces secteurs stratégiques sont pratiqués des éclaircies et des débroussaillements pour créer des discontinuités (verticales et horizontales) dans la végétation. L’entretien régulier de ces surfaces peut être confié à des éleveurs pour en limiter les coûts. Ils trouvent des zones de fourrage complémentaire pour leur bétail (ovins, bovins ou caprins) et limitent ainsi l’embroussaillement. Des feux contrôlés peuvent aussi être régulièrement pratiqués pour limiter la dynamique de la végétation.

Ces coupures ne sont pas à proprement parler des “parefeux” car elles ne peuvent pas à elles seules stopper l’incendie mais seulement diminuer son intensité pour une intervention plus sûre et sécurisée des moyens de la lutte.

La forêt sous haute surveillance

L’efficacité du dispositif de lutte repose sur la détection précoce des éclosions pour un engagement rapide les moyens. Pour cela, un grand nombre de professionnels et bénévoles sont mobilisés sur le terrain pour la surveillance et la dissuasion.

Les moyens aériens de la Sécurité Civile

Mission dévolue en particulier aux trackers, le guet aérien armé (GAAR) consiste à faire le survol journalier des secteurs à risque pour des largages sur les éclosions. Chaque été, pas moins de 1 500 heures sont consacrées à cette mission de surveillance.

Les vigies et tours de guet

La surveillance s’appuie souvent sur des tours de guet situées sur les points hauts (comme à Gruissan). Les opérateurs observent ainsi de grandes portions du territoire avec une couverture à 360°. Chargées de donner l’alerte pour toute fumée suspecte, les vigies peuvent localiser avec une très grande précision toutes les éclosions.

« Positionnés » dès que le risque s’intensifie, les personnels en charge des vigies sont déterminants dans la détection des éclosions et le renseignement sur les menaces et les développements de l’incendie. Dans certains départements, c’est jusqu’à 30 tours de guet qui permettent une couverture quasi-total du territoire.

Les patrouilles terrestres

Avec leurs véhicules 4 x 4, le plus souvent armé (600 litres d’eau), ces patrouilles sont assurées par les équipes des forestiers sapeurs des Conseils Généraux, les agents des DDT(M) et de l’Office National des Forêts (ONF) ainsi que les nombreux bénévoles des Comités Communaux Feux de Forêt (CCFF).

Parcourant les massifs pour la surveillance et pour l’attaque de feux naissants, elles assurent également un rôle de dissuasion.

Les pré-positionnement

Selon le niveau de risque, des groupes d’intervention (un véhicule et 4 camions citerne feux de forêts (CCF) des sapeurs-pompiers et des militaires sont déployés dans les massifs pour une intervention précoce. Là encore, ils concourent à la vigilance.

L’analyse du risque incendie

Les conditions météorologiques ont une influence directe sur la nature et le développement des incendies. Avec le concours de météo-France, l’État-Major Interministériel de Zone de Défense et de Sécurité (EMIZDS*) basé à Marseille, dispose d’une cellule météo qui renseigne quotidiennement sur l’indice forêt météo (IFM).

Cette prévision basée sur des relevés de températures, de précipitations, d’humidité de l’air et de la teneur en eau des végétaux et du sol permet d’établir des niveaux de danger pour 120 secteurs du sud de la France et d’orienter la mise en place du dispositif et des moyens.

Pourquoi l’accès en forêt est-il règlementé ?

En période à risque, c’est à dire à partir de juin et quelquefois jusqu’en octobre, la présence dans les massifs de randonneurs et de promeneurs présente plusieurs difficultés en rapport avec la vulnérabilité des forêts méditerranéennes :

Par des pratiques à risques (fumer ou faire des feux de camp malgré  pourtant des interdits), ces personnes peuvent déclencher un incendie. Si ces mêmes personnes se sont déplacées au cœur des massifs, les départs de feu sont d’autant plus dangereux qu’ils se produisent loin de pistes et de routes facilitant la lutte et l’arrivée rapide des intervenant au plus près du départ de feu.

Ces usagers (à pied ou à vélo) peuvent se retrouver piégés par le feu et la rapidité du développement de l’incendie peut les empêcher d’atteindre des zones de replis et de sécurité.

Dans tous ces cas, l’inexpérience et la panique peuvent être à l’origine d’accidents graves. Avec un incendie en développement, la présence de ces personnes en forêt nécessiteraient une priorisation des missions de sauvetage et de secours qui pénaliserait d’autant la lutte active contre la propagation de l’incendie.

C’est donc pour ces raisons que des arrêtés préfectoraux portant sur l’accès en forêt règlementent l’accès et la présence dans les forêts. Pour informer des niveaux d’accès, les préfectures ont activé des pages dédiées sur leurs sites internet ainsi que des numéros spéciaux à consulter. En temps réel, ils indiquent le classement journalier de chaque massif répertorié. Ces informations sont accessibles et actualisées la veille pour le lendemain vers 18h.

Si les dispositifs peuvent pénaliser temporairement l’activité touristique, les autorités en charge de la règlementation dans chacun des départements ont su appliquer des niveaux de fermeture des massifs en fonction du niveau de dangers incendie (5 classes de modéré à très exceptionnel). Ainsi, tous les massifs ne sont pas interdits sur toute la période estivale. En général, le niveau exceptionnel de risque incendie impose la fermeture du massif sur la totalité de la journée.

Ce sont les autorités préfectorales et communales qui évaluent la prévision du danger en fonction des conditions locales du risque et de l’importance de la fréquentation touristique.

Mesures de sécurité

– Anticipez vos sorties en forêt et consultez la météo

– N’oubliez pas votre téléphone mobile

– Prévenez votre entourage de votre itinéraire

– Ne quittez jamais les chemins balisés

Tout contrevenant ne respectant pas ces règles est passible d’amende de 4ème classe et de poursuites pénales et, en cas d’incendie, d’une amende pouvant atteindre 3 750 euros (article R322.5 du code forestier).

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