Moyen-âge

Les invasions qui ont amené la chute de l’empire romain ont fortement troublé cette période et ont plutôt entraîné des destructions que la réalisation de nouveaux monuments. La conquête et l’occupation musulmanes n’ayant duré que quelques dizaines d’années, elle n’a aussi laissé aucune trace de son passage. La Narbonnaise va aussi rétrécir au moyen âge pour devenir la vicomté de Narbonne aux dimensions assez proche de l’actuel Parc naturel régional (la Vicomté était plus étendue que le Parc naturel régional vers le Nord-ouest et la Plaine Narbonnaise).

L’avènement du Christianisme est matérialisé en Narbonnaise à la fin de l’Antiquité par la présence du cimetière paléo chrétien de St Paul Serge (les restes de ce cimetière et de son ossuaire sont visibles dans la crypte de l’église St Paul Serge à Narbonne).

Quelques chapelles sont en partie pré romanes (chapelle Saint Laurent à Moussan…).

L’art roman a laissé des traces plus marquantes l’Abbaye de Fontfroide (chef d’œuvre de l’ordre cistercien dans un état de conservation exceptionnel), la Chapelle St Pancrace (située aux cabanes de la Palme) et de nombreuses églises en partie romanes et remaniées depuis.
A la croisée des architectures religieuse et militaire, la Narbonnaise possède un bijou avec le Palais des Archevêques de Narbonne (Palais vieux du XIIe siècle, d’origine romane et complété plus tard par le palais neuf et le donjon Gilles Ancelin…), qui traduit la puissance ecclésiastique de cette cité. Des restes d’architecture militaire romane sont visibles dans les ruines du Château de Montséret. Le Château de Fitou possède aussi des parties très anciennes, ainsi que le Château de Leucate, aujourd’hui en ruines, et quelques autres lieux fortifiés. Ces châteaux formaient la partie Est du système défensif qui courait du littoral sud de l’Aude jusqu’à l’Ariège. C’était à l’époque de « l’Ancienne Frontière » entre la France et l’Aragon, puis l’Espagne, qui fut fixée dans les Corbières au traité de Corbeil au XIII è siècle jusqu’au traité des Pyrénées (en 1659) sous Louis XIV qui la repoussa définitivement au sud du Roussillon.

L’art gothique est arrivé dans les bagages des croisés de la « Croisade contre les cathares » qui a enflammé le Languedoc au XIII è siècle. La croisade a plutôt épargné la région de Narbonne, son littoral et les Corbières maritimes, car les archevêques de Narbonne étaient restés fidèles à Rome et surtout la croisade fut dirigée par l’abbé de Cîteaux, relayé sur le terrain par les cisterciens de l’abbaye de Fontfroide (aux ordres de leur abbé). Chef d’œuvre inachevé du gothique rayonnant, la Cathédrale de Narbonne domine toujours la ville de toute sa hauteur. Les restes de l’église de Notre dame des Oubièls à Portel des Corbières présentent un aspect de ruines romantiques au bord de la Berre et L’église de Peyriac de Mer possède à l’extérieur un original aspect fortifié.

Narbonne était redevenue au Moyen-Âge une grande place de commerce et un grand port. Au XIVe siècle, la situation se détériore : la guerre de cent ans et les ravages des anglais, puis la peste qui tue des milliers d’habitants, mettent la ville en grande difficulté. Enfin, un peu avant le milieu du siècle, c’est le coup de grâce : après de grandes inondations, le cours de l’Aude, véritable artère économique de la ville qui la relie aux étangs et à la mer, change brusquement et ne passe plus à Narbonne. Cela entraîne une lente décadence de la ville et de toute la région Narbonnaise, malgré les efforts désespérés des consuls pour relancer l’activité, en creusant notamment le « Canal de la Robine » dans l’ancien cours de l’Aude.