Yves Solier
archéologue
Dans le royaume des vestiges
Sans nul doute cette passion pour un espace arpenté sans lassitude au fil des saisons et des découvertes explique t-elle le destin singulier d’Yves Solier, semblable, en cela, à celui d’un Giono, qui lui fit abandonner la douceur ouatée des bureaux directoriaux d’une banque parisienne pour les chemins incertains mais solaires de l’archéologie. Sans doute est-ce elle aussi qui amena le spécialiste de la proto-histoire, s’éloignant un temps du domaine que sa spécialité lui avait fixée, à doter Narbonne de ses plus beaux musées sur l’époque romaine, à mettre en valeur son Horreum ou le Clos de la Lombarde, au risque de ne pas tout faire pour le succès de sa carrière. Mais, en le recrutant, le CNRS ne se trompa pas sur les promesses du jeune archéologue que confirmèrent, au cours d’une vie, des découvertes décisives.
L’aventure commence à dix-huit ans avec celle d’une borne sur la Via Domitia comportant la plus ancienne inscription latine trouvée sur le sol de la Gaule, ce seront ensuite les fouilles sans prix de Pech Maho (VI° au III° s av JC) avec ses remparts à la grecque, le mobilier de ses cabanes abandonné par des habitants défaits après le combat, la mise en évidence du détail des relations marchandes entre indigènes et marchands venus de toute la Méditerranée. Plus tard viendra aussi le temps de l’archéologie sous-marine avec ses épaves et ses vestiges engloutis. Mais « l’invention » la plus spectaculaire et la plus inattendue demeure celle de la lamelle de plomb (V° s av JC) à la double inscription en ionien et en étrusque considéré d’abord, à tort, comme de l’ibère, et qui, après être resté durant plusieurs décennies dans les réserves du musée de Sigean allait valoir au chercheur une reconnaissance internationale. Peu à peu donc, Yves Solier, parcourant le littoral comme l’arrière-pays, scrutant avec bonheur traces et indices, dresse, avec l’érudition sans faille du grand spécialiste, la carte fructueuse de ce territoire où les civilisations succèdent aux civilisations dans la diversité et l’opulence d’une singularité dont elles nous laissent une inconsolable nostalgie.
Repères bibliographiques:
- Les épaves de Gruissan, 1981.
- Narbonne, guide archéologique, 1986.
- La Maison à Portiques de la Lombarde, Narbonne, 1987.
- L’établissement côtier de Pech Maho à Sigean aux VI-V°siècles av.J.C, 2004.
CONTACT :
24 rue des Moulins
11130 Sigean



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