(Mai 2006) Le changement climatique, qu'es aco ?
Le changement climatique, qu’es aco ?
Aujourd’hui, avec le Parc naturel régional nous voulions traiter d’un sujet qui est omniprésent dans l’actualité et qui a d’ores et déjà de répercussion sur notre quotidien, le changement climatique.
1. Quelles sont les « anomalies » liées au climat qui poussent à parler de changement climatique, ou plutôt de dérèglement climatique ?
Tout d’abord une augmentation de température sans précédent : depuis le XI siècle, à l’échelle planétaire, le chiffre de 0.1°C tous les 1000 ans est reconnu pour être la variation de température moyenne et naturelle du système climatique… contre 0.5°C au cours du seul XXe siècle ! On constate une rapidité du réchauffement depuis la révolution industrielle (1850)
Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) créé en 1988, a fait le point des conséquences climatiques, biologiques et physiques observés sur la Terre au cours du XXe siècle : réduction de 10% de la couverture neigeuse depuis la fin des années 1960, recul des glaciers de montagne autres que polaires ; augmentation de la température moyenne mondiale à la surface du globe de 0.6 °C, augmentation du niveau moyen des océans de 10 à 20 cm liée à la dilatation thermique des océans et à la fonte des glaciers terrestres ; augmentation de 5 à 10% des précipitations continentales dans l’hémisphère Nord…
2. Et quelle est la position de la France par rapport à cette tendance mondiale de réchauffement ?
Le réchauffement moyen sur le territoire français (+ 0.9°C) est légèrement supérieur à celui de la moyenne globale (+ 0.6 °C). Concernant les impacts de ce réchauffement sur les montagnes françaises au XXe siècle on s’est aperçu qu’à 1500 m d’altitude, la durée d’enneigement avait déjà diminué de 25 à 40% dans les Alpes et jusqu’à 45% dans certains massifs des Pyrénées. Les hivers sont plus pluvieux, les étés plus secs…
3. A l’origine de ce réchauffement, on parle de l’augmentation de l’effet de serre. Qu’est ce que l’effet de serre exactement?
L’effet de serre est un phénomène naturel qui permet de maintenir la température moyenne de la Terre à + 15°C permettant ainsi le développement de la vie. Sans effet de serre la température à la surface de la Terre serait de – 18°C. L’effet de serre est donc un phénomène indispensable à la vie sur Terre. Les gaz à effet de serre sont des gaz présents naturellement mais en très faible quantité dans l’atmosphère (moins de 1 %). Ils absorbent une partie de l’énergie réémise par la Terre. Sans ces gaz, qui jouent le rôle d’écran protecteur, toute l’énergie que la Terre reçoit du Soleil serait renvoyée dans l’espace.
4. Quels sont-ils ces gaz à effet de serre?
La vapeur d’eau, le gaz carbonique, le méthane, le protoxyde d’azote, l’ozone et les gaz fluorés.
A part les gaz fluorés qui sont complètement artificiels, ces gaz sont tous présents naturellement dans l’atmosphère, mais l’homme en émet également. Le gaz rejeté par les pots d’échappement, le CO2, est le plus connu. Tous ces gaz n’ont pas la même « nocivité » vis-à-vis du réchauffement climatique : ils n’ont pas la même durée de vie ni la même capacité à retenir la chaleur dégagée par la Terre. A titre d’exemple, le méthane a un pouvoir de réchauffement 23 fois plus important que le CO2 ! Le CO2 a une durée de vie de 100 ans, les gaz fluorés, les plus nocifs peuvent avoir une durée de vie de 50 000 ans !!! Toute modification de la concentration de ces gaz à effet de serre déstabilise l’équilibre climatique. Or au cours des années 1990, pratiquement tous les gaz à effet de serre ont atteint des niveaux de concentration jamais enregistrés et ces niveaux continuent d’augmenter.
5. Quelles sont les sources des principaux gaz à effet de serre rejetés par l’homme ?
Pour le gaz carbonique, la très grande majorité des émissions viennent de l’utilisation des combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz) : leur combustion dégage du CO2. Transports, production d’électricité, industrie et habitat sont les principaux responsables. La déforestation produit l’autre grosse part.
Le méthane provient essentiellement de l’élevage des ruminants (vaches, moutons, chèvres…), des rizières, des décharges d’ordures ménagères et des exploitations pétrolières et gazières.
Le protoxyde d’azote est principalement dû à l’utilisation d’engrais azotés agricoles, à la production d’aliments pour bétail et à certains procédés chimiques.
Les gaz fluorés sont utilisés comme réfrigérants (climatisation, chaînes du froid), en tant que gaz propulseur des bombes aérosols et dans certains procédés industriels. Les émissions de ces gaz ne cessent de croître, en raison notamment de la climatisation (habitation, automobile).
6. La contribution humaine sur ce réchauffement climatique est elle avérée ? Ne s’agit il pas plutôt d’une évolution naturelle ?
C’est vrai que nous sommes actuellement dans une période de réchauffement, cependant les scientifiques montrent que les facteurs naturels de la variabilité du climat sont incapables d’expliquer à eux seuls l’évolution constatée de la température. Seule la combinaison des variations de température dues à l’homme et des variations naturelles du climat conduisent à la réalité constatée depuis 1850.
D’ailleurs, même si demain on arrête toute émission de gaz à effet de serre, il faudra des siècles pour stabiliser le climat à son nouvel équilibre !
7. Que nous réserve le XXIe siècle ?
De nombreuses incertitudes demeurent quant à l’amplitude des impacts du changement climatique pour le siècle à venir. Les tendances reconnues d’ici à 2100 prévoient un réchauffement global de 1.4 à 5.8°C, une élévation du niveau de la mer de 9 à 88 cm, la fonte des glaciers de montagnes, le bouleversement du cycle de l’eau, le dérèglement des saisons, une accentuation des caractéristiques climatiques (précipitations, sécheresse), une perte de la biodiversité avec l’extinction de certaines espèces, l’augmentation des maladies transmissibles par les parasites comme le paludisme, le fièvre jaune…
8. C’est l’apocalypse ! Que font les Etats pour enrayer cela ?
Les années 80 puis 90 ont vu les conférences sur l’évolution du climat se succéder pour finalement aboutir à une prise de conscience internationale avec l’adoption du Protocole de Kyoto en 1997, qui introduit une obligation quantifiée des réductions des émissions de gaz à effet de serre pour les pays industrialisés. L’Union Européenne, la France ont élaboré des politiques de lutte contre le changement climatique : création d’un marché européen de quotas d’émissions de CO2, Plan Climat 2004…
En France par exemple, les engagements visent à diviser par quatre les émissions de CO2 à l’horizon 2050.
Pourquoi par quatre ? Si l’on rapporte de manière équitable la quantité de CO2 que la Terre est capable de recycler naturellement au nombre d’habitants de la planète, chaque habitant serait autorisé à émettre 1.8 tonnes de CO2 par an. Un français émettait 8 tonnes de CO2 par an en 2000…
9. Que peut-on faire à l’échelle individuelle ?
En France, le transport et le bâtiment sont les deux secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre. On peut agir sur nos réflexes individuels et quotidiens, économiser l’énergie à la maison, au volant…
Nous pourrons y revenir de manière concrète à l’occasion d’autres émissions et voir ce qu’on peut faire dans le Parc pour contribuer à freiner ces changements catastrophiques…
Source : « Le changement climatique » - Réseau Action Climat France – ADEME 2004



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