Un puissant centre religieux et commercial au Moyen Âge
IVe – XVe siècle
Narbonne est brièvement la capitale des Wisigoths au VIe siècle, puis capitale d’une éphémère province des Omeyades sous l’autorité de Cordoue au VIIe siècle. À partir du IXe siècle, la ville est un grand centre intellectuel et religieux.
L’Abbaye de Fontfroide, fondée en 1093 se développe au XIIe siècle après son rattachement à l’ordre cistercien et devient un chef-d’œuvre d’architecture. La Chapelle Saint-Pancrace (située aux cabanes de la Palme) et de nombreuses églises témoignent également de la qualité de l’art roman en Narbonnaise. Des vestiges d’architecture militaire romane sont visibles dans les ruines du Château de Montséret, au château de Fitou ou encore au Château de Leucate, aujourd’hui en ruines. Ces châteaux formaient la partie est du système défensif qui courait du littoral sud de l’Aude jusqu’à l’Ariège, marques de l’ancienne frontière entre la France et l’Aragon, puis l’Espagne, fixée dans les Corbières au traité de Corbeil au XIIIe siècle.
La Narbonnaise vit une période de conflits et d’exactions au début du XIIIe siècle en relation avec la croisade albigeoise et les luttes de pouvoir entre l’archevêque, le vicomte puis les ducs de Narbonne. Le pouvoir religieux du riche et puissant archevêque de Narbonne s’exerce dans toute la région jusqu’en 1322. Le palais des archevêques, adossé aux remparts de la ville est à la fois un luxueux lieu de résidence et une forteresse avec tour et donjon. Il est relié à la Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur, construite au XIIIe siècle, chef d’œuvre inachevé du gothique rayonnant venu du nord de la France. Les ruines de l’église de Notre-Dame des Oubièls à Portel des Corbières, au bord de la Berre et l’église en fortifiée de Peyriac de Mer sont également des témoignages de l’art gothique en Narbonnaise.
Narbonne redevient au Moyen Âge une grande place du commerce international et un port dynamique. Au XIVe siècle, la situation se détériore : la guerre de Cent Ans, puis la peste qui tue des milliers d’habitants mettent la ville en grande difficulté. Enfin, en 1316, une catastrophique crue de l’Aude ravage la ville et détourne le fleuve vers le nord. L’abandon définitif du lit urbain prive Narbonne d’une de ses principales artères vitales. Pour tenter de conserver malgré tout leur ouverture sur la mer, les Narbonnais cherchent à améliorer leur dispositif portuaire en aménageant un des anciens cours de l’Aude. Ce canal, appelé Robine, dont le lit, d’une trentaine de kilomètres, fut à plusieurs reprises modifié, joint l’Aude, par Narbonne et les étangs, au grau de la Nouvelle, alors simple passe