Contrastes

Un mot pourrait résumer les paysages de la Narbonnaise : contrastes.
Tout d’abord contrastes dans les reliefs : en 10km à vol d’oiseau, l’on passe de la mer et des lagunes -vastes étendues d’eau saumâtre, appelées ici étangs (de Bages-Sigean, de La Palme, de Pissevaches, de l’Ayrolle, de Gruissan) et séparées de la mer par le cordon sableux du lido -au massif des Corbières avec son point culminant, sur le Parc, à 707 m au Montoullié de Périllou.
Les petits massifs de la Clape, du Cap Romarin et du plateau de Leucate bordent immédiatement le littoral. Les plaines alluviales, quant à elles, sont ponctuées de petites collines, en partie boisées par le pin d’Alep, aux formes douces parfois érodées violemment par le vent.
Se côtoient, s’enchevêtrent, vallons et plaines occupés par la vigne, petites combes, falaises dans les massifs, crêtes déchiquetées, collines douces, plateaux désertiques où la roche affleure et où perce au printemps une flore éphémère, gracieuse et discrète (tulipes sauvages, iris nains…) , vastes étendues sableuses, étangs avec leurs marais… Immensité offerte au regard ou au contraire intimité.

Contrastes entre le monde du sec et le monde de l’humide

Quoi de plus étonnant que ces îles surchauffées qui plongent brutalement dans l’étang de Bages Sigean, ou que le plateau de Leucate qui se termine sans crier gare par une falaise abrupte au-dessus de la mer, ou encore que ces vignes qui descendent presque au bord des étangs ?

D’autres signes plus discrets témoignent de ce contact permanent entre sec et humide : cheminement dans le paysage du Canal de la Robine bordé d’un alignement de pins ou de platanes, cannes de Provence au milieu des vignes… Où que l’on se trouve sur le littoral ou au bord des étangs, toujours, le regard se perd sur des massifs proches caractérisés par leur sécheresse, ou parfois lointains puisque le majestueux Mont Canigou dans les Pyrénées domine souvent l’arrière plan. Et pour qui aura la patience et le courage de gagner les crêtes, les vues sur les étangs et sur la mer sont magnifiques et grandioses.

Enfin contrastes entre le « sauvage » et le cultivé, entre les espaces désertiques et ceux, qui, au contraire peuvent dans certains cas être surfréquentés.

Dans les Corbières en dehors des villages groupés et du vignoble, de grands espaces ont été presque totalement abandonnés, retournant progressivement à l’état de garrigues plus ou moins impénétrables. Des forêts typiquement méditerranéennes couvrent également leurs pentes. Sur le littoral les stations balnéaires se sont développées à partir des années 70 mais de vastes et magnifiques étendues sableuses demeurent.
Le Piémont entre étangs et Corbières, axe de circulation historique, voit défiler tous les jours des milliers de véhicules et les villages s’agrandissent rapidement tout comme dans la plaine au Nord Ouest de Narbonne.

Mosaïque de paysages qui s’organise dans 7 entités paysagères

Le littoral, bordé au nord par le massif de la Clape, au sud par le plateau de Leucate, la plaine agricole des Fleuve et canaux, dont les multiples canaux agricoles viennent terminer leur parcours dans les lagunes, les lagunes qui constituent le cœur humide du Parc naturel et enfin les Corbières dites de Fontfroide, différentes des Corbières maritimes.

Le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée : contrastes entre le monde du sec et le monde de l’humide