SALINITÉ DES AQUIFERES ET DES SOLS LITTORAUX NARBONNAIS 

 

Dans la basse plaine de l’Aude, la problématique de salinité des sols et de la nappe alluviale se fait de plus en plus prégnante, entraînant le dépérissement de certains vignobles, l’expansion des secteurs salés, des risques pour les milieux naturels et les ressources en eau potable, accentués par une forte vulnérabilité face aux effets du changement climatique et à l’élévation du niveau de la mer.

Dans ce contexte, après plusieurs mois de concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, le Parc naturel régional, la communauté d’agglomération Le Grand Narbonne, le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et l’Institut Agro Montpellier ont porté pendant 3 ans un vaste programme d’étude et recherche sur la « caractérisation du phénomène de salinisation des sols et de la nappe Quaternaire de la basse Vallée de l’Aude en lien avec le changement climatique etl’élévation du niveau de la mer » : le programme S.A.LI.N.

Centré sur la nappe quaternaire et les sols de la plaine narbonnaise, ce programme a également été menée avec le soutien financier de la Région Occitanie et de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse et l’appui technique de nombreux acteurs locaux de la gestion de l’eau et des sols : Chambre d’agriculture de l’Aude, Union d’ASA Hydraulique de l’Est Audois (UASHEA), Syndicat Mixte des Rivières et des Milieux Aquatiques (SMMAR), Voies Navigables de France (VNF), Conservatoire du Littoral, etc.

 

Ce partenariat technique et scientifique constitue une innovation l’échelle régionale en associant pour la première fois les sciences du sol (Montpellier Sup Agro) et du sous-sols (BRGM) sur un projet collectif à enjeux multiples (agriculture, ressource en eau potable, biodiversité), sous l’égide du PNR et du Grand Narbonne.

Engagé sur 3 ans, ce programme a eu ainsi pour ambition non seulement de réaliser un véritable état de lieux de la situation sur la basse vallée de l’Aude (état qualitatif et fonctionnement des nappes quaternaires et des sols, bilan hydrologique, compréhension des relations entre les nappes et les sols et de l’origine de la salinité…), mais aussi d’évaluer les impacts attendus du changement climatique sur l’état du système (en particulier, l’évolution de la salinité) ; et de proposer de proposer des premières pistes scénarios d‘adaptations des usages de l’eau et des sols en matière de pratiques agricoles, de  gestion des ressources en eau potable et de préservation des milieux naturels.

 

L’ambition de ce projet était également d’associer tous les acteurs de la zone d’étude au processus de diagnostic de salinité des sols et des nappes. A ce titre, le programme a aussi inclus de vastes enquêtes de terrain en s’appuyant sur la participation volontaire des acteurs de terrain possédant des terres agricoles et/ou un puit ou forage sur le secteur de la basse vallée de l’Aude.

Achevé fin 2022, ce travail ambitieux apporte désormais de nombreuses réponses scientifiques sur la compréhension et l’origine de la salinité des nappes et des sols de la basse plaine de l’Aude. Sur ce territoire caractérisé par une salinité désormais clairement identifiée et quantifiée, l’augmentation des températures, des périodes de sècheresse et la diminution des ressources en eau disponibles sont ainsi identifiées comme des causes probables du renforcement de ce phénomène, avec des conséquences qui seront exacerbées en contexte de changement climatique. Cependant, plusieurs pistes d’adaptation de la gestion de l’eau et des sols ont également été pré-identifiées et richement discutées lors de la restitution finale de ce programme fin 2022 devant l’ensemble des utilisateurs et gestionnaires de l’eau et des sols.

Les résultats de ces travaux d’étude et recherche appliquée, menés sur 3 ans, sont désormais consignés et résumés dans une « Lettre de synthèse 2019 – 2022 » en consultation sur cette page, mais ce travail ne s’arrête pas là : 2023 constitue une année de transition pour co construire avec tous les acteurs concernés une suite à ce travail pour « passer du diagnostic à l’action » et élaborer ensemble un ou des scénarios d’adaptation des pratiques de gestion des sols et des usages de l’eau destinés à l’agriculture, à l’alimentation en eau potable et à la préservation des espaces naturels.

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