La mission spécifique « Économie de la ressource en eau & Adaptation au changement climatique »

Après avoir été principalement centrée sur la qualité des étangs, le PNR de la Narbonnaise en Méditerranée s’est également doté depuis quelques années d’une mission technique interne spécifique en matière de « ECONOMIE DE LA RESSOURCE EN EAU & ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE »

La réalisation de cette mission s’inscrit dans les objectifs du SDAGE Rhône Méditerranée et de la Charte de territoire 2010 – 2025 du Parc. L’enjeu est de renforcer la gestion économe de l’eau, en assurer la cohérence avec l’ensemble des acteurs concernés, afin de préserver, maintenir voire restaurer le fonctionnement de l’eau, des milieux aquatiques et des ressources, à l’échelle du territoire du Parc naturel régional.  Il s’agit également d’anticiper, d’impulser et de développer une politique locale fondée sur l’adaptation aux effets du changement climatique du point de vue de la gestion économe de la ressource en eau, tous usages confondus.

Une stratégie globale sur la ressource en eau et l’adaptation au changement climatique

Le Parc anime et participe à la mise en place d’une stratégie globale de territoire reposant sur la prise en compte croisée de tous les usages et consommations en eau. Son but ? Fixer, avec les acteurs du territoire, des objectifs solidaires d’économie et d’optimisation des consommations, répartis par grand type d’usages.

Cette stratégie est déclinée en programmes opérationnels déclinés par cibles d’usagers : habitants, collectivités, entreprise, agriculture. Elle s’inscrit aussi de manière très étroite dans les réflexions liées au changement climatique via la démarche locale de « Plan Climat Territorial ».

Une animation en faveur de la gestion économe de la ressource en eau

En tant que structure locale reconnue pour la gestion de l’eau et des milieux aquatiques, le Parc est un membre actif de toutes les Instances de régulation et de gestion économe de la ressource en eau en défendant une approche transversale et décloisonnée des enjeux liés à la ressource en eau, à la biodiversité, aux paysages, à la qualité de l’eau et au changement climatique :

  • Comité de gestion de l’eau de l’Aude (Cellule Sècheresse) :
  • Groupe de travail « EAU » (Conseil de Développement du Grand Narbonne, Chambre Agriculteur de l’Aude…)
  • Programmations techniques et scientifiques (SA.LI.N., Talanoa Water, Morfeus…)
  • Plan de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE) et Projet de Territoire pour la Gestion de l’Eau (PTGE) porté par l’Etat et le SMMAR
  • Instances de concertation et commissions de travail des SAGE de la Basse Vallée de l’Aude et de l’étang de Salse Leucate
  • Contrat de Canal, animé par l’Union des ASA Hydraulique de l’Est Audois

Au-delà de ces instances de réflexion et de concertation, le PNR poursuit ou anime également plusieurs actions démonstratives et/ou innovantes visant la réduction des consommations en eau collectives et individuelles auprès des différents usagers du territoire (habitants, entreprises touristiques, collectivités, monde agricole) : cf. « Eco-gestes, formation et accompagnement local ».

Un diagnostic partagé sur la vulnérabilité de la ressource en eau

Le territoire de la Narbonnaise en Méditerranée est inclus dans le secteur hydrologique de la « basse Vallée de l’Aude » caractérisé par un fort déficit estival entre les besoins et la ressources en eau. Ce déficit a été évalué en 2014 à plus de 30 millions de m3 sur la période de juin à octobre en année quinquennale sèche. Depuis, une dynamique d’optimisation et d’économies des usages de l’eau a été engagée dès 2017 dans tous les domaines (agricole, publique, domestique, touristique) à travers la mise en œuvre d’un Plan de Gestion de la Ressource en Eau (PGRE) à l’échelle de la totalité du bassin de l‘Aude de la Berre et du Rieu. Cette dynamique a ainsi permis de réduire de plus 80% le déficit global initial, mais sans atteindre encore l’équilibre hydrologique à l’échelle du territoire. La dynamique d’économie d’eau doit donc être poursuivie.

Les principales sources de pression sur la ressource en eau

Les infrastructures liées à la navigation fluviale et l’irrigation agricole représentaient en 2014 la majorité du déséquilibre quantitatif évalué. Bien que beaucoup d’actions ont déjà été engagées avec des résultats significatives, des efforts restent encore nécessaires contre les déperditions en eau du canal de la Robine et des réseaux gravitaires d’irrigation agricole.


Le niveau de consommation par habitant de la Narbonnaise est de l’ordre de 92 m³/habitant/an. Il est très supérieur aux moyennes départementale et nationale. Avec 50.000 habitants supplémentaires attendus à l’horizon 2030, les besoins en eau potable devraient augmenter de 6 millions de m3. Compétence de la communauté d’agglomération du Grand Narbonne

Principale ressource locale en eau potable (AEP), la nappe alluviale est déjà en déséquilibre quantitatif et environ 1/3 des ressources en eau potable (AEP) du territoire provient d’une ressource extérieure, celle du fleuve Orb.

La consommation estivale touristique est évaluée à 1,2 millions de m3 en eau potable. Avec 10 à 12 millions de nuitées globalement concentrées sur l’été, l’activité touristique du territoire représente une pression importantesur une période de l’année sensible pour la ressource en eau.

Après plusieurs alertes du monde agricole, un phénomène de salinité de la nappe et des sols a été  caractérisé sur le secteur de la basse plaine de l’Aude. Ce phénomène est en partie à l’origine du dépérissement de certains vignobles et de l’expansion des secteurs salés, avec des risques également pour les milieux naturels et les ressources en eau potable

Selon le bilan sur les effets du changement climatique du bassin Rhône Méditerranée, les prévisions sur l’évolution du débit du fleuve Aude indiquent qu’à l’horizon 2065, des baisses de débit vont être observées allant de −10 % en moyenne entre mars et septembre, et jusqu’à − 50 % entre mai et juin.

La Narbonnaise : un territoire à forte sensibilité et vulnérabilité en matière d’équilibre quantitatif entre la ressource et les usages de l’eau, accentué par des effets sans équivoque du changement climatique

Programme S.A.LI.N

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