Pourquoi y a-t-il autant de méduses dans l’étang de Bages-Sigean ?

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Si vous vous êtes promené ces derniers temps au bord de l’étang de Bages-Sigean, vous avez sans doute remarqué la présence de nombreuses méduses violettes. Cette prolifération est un phénomène naturel qui suscite souvent des interrogations. Quelles sont ces méduses ? Pourquoi sont-elles si nombreuses cette année ? Sont-elles dangereuses ?

Trois espèces observées en Narbonnaise

Les lagunes de la Narbonnaise accueillent principalement trois espèces :

  • Aurelia aurita, la petite méduse blanche bleutée ;
  • Rhizostoma pulmo, la grande méduse violette ;
  • Mnemiopsis leidyi, un cténophore souvent confondu avec une méduse.

Chaque espèce possède son propre cycle de vie et réagit différemment aux conditions du milieu.

Un cycle de vie étonnant

Contrairement aux idées reçues, la méduse n’est qu’une étape de la vie de l’animal. Son cycle alterne entre une phase fixée sur un support, appelée polype, et une phase libre, la méduse que nous observons à la surface de l’eau.

Les méduses se reproduisent à la fois de manière sexuée et asexuée. Lorsque les conditions sont favorables, elles peuvent se multiplier très rapidement, provoquant ce que les scientifiques appellent un « bloom », c’est-à-dire une prolifération massive en peu de temps.

Pourquoi autant de méduses en ce moment ?

Des recherches menées par le laboratoire MARBEC (Université de Montpellier) en collaboration avec l’Aquarium de Paris montrent que les différentes espèces ne se développent pas aux mêmes périodes de l’année.

La petite méduse Aurelia aurita se développe principalement durant les eaux froides de l’hiver, tandis que la grande méduse violette Rhizostoma pulmo prolifère lorsque les températures de l’eau augmentent.

Le réchauffement estival des eaux explique donc la présence importante de Rhizostoma pulmo observée actuellement dans l’étang de Bages-Sigean.

Une espèce inoffensive

Malgré sa taille impressionnante, Rhizostoma pulmo est inoffensive pour l’Homme. Elle n’est pas urticante et ne présente pas de danger pour les baigneurs.

Sa présence peut néanmoins compliquer certaines activités, comme la pêche ou la navigation, lorsqu’elle est observée en grand nombre.

Un phénomène suivi par les scientifiques

Les méduses restent des organismes encore largement méconnus. Les chercheurs poursuivent leurs travaux afin de mieux comprendre leur cycle de vie, les mécanismes de leur reproduction et les facteurs environnementaux qui favorisent leur prolifération.

Avec le réchauffement des eaux lié au changement climatique, les scientifiques anticipent une augmentation de la fréquence de ces proliférations, un phénomène parfois appelé « gélification » des océans.

La présence actuelle des méduses dans l’étang de Bages-Sigean rappelle ainsi que les lagunes sont des milieux vivants, en constante évolution, dont l’observation permet de mieux comprendre les effets des changements environnementaux sur notre territoire.

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