Agriculture Méditerranéenne en Narbonnaise

ETAT DES LIEUX DE L’AGRICULTURE DANS LE PARC NATUREL REGIONAL DE LA NARBONNAISE

Connaitre et comprendre l’agriculture de la Narbonnaise, ses caractéristiques et ses évolutions, pour appréhender les enjeux agricoles du territoire et accompagner ses transformations.

La viticulture au cœur de l’économie et de l’identité du territoire

Les espaces agricoles constituent un pilier majeur de l’économie du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée. Ils contribuent significativement à la création de richesses et au maintien de l’emploi local. Parmi ces activités, la viticulture occupe une place centrale. Présente depuis plus de 2 000 ans, elle façonne les paysages emblématiques de la Narbonnaise et constitue un marqueur fort de l’identité culturelle du territoire. Présente sur l’ensemble de la Narbonnaise, elle se caractérise par une grande diversité de terroirs et de savoir-faire. Le territoire bénéficie d’une reconnaissance nationale et internationale grâce à ses nombreux labels de qualité.

La Narbonnaise compte plusieurs appellations prestigieuses :

  • AOP Corbières, dont Corbières-Boutenac
  • AOP Fitou
  • AOP Muscat de Rivesaltes
  • AOP Rivesaltes
  • AOP Languedoc, dont les mentions géographiques La Clape et Quatourze

Le territoire est également couvert par plusieurs IGP :

  • IGP Coteaux de Narbonne
  • IGP Pays d’Oc, qui représente une part importante du vignoble régional
  • IGP Aude

La production de vins sans indication géographique (VSIG), bien que plus marginale, constitue également un segment en développement.

Cette diversité contribue à la vitalité économique et à la renommée du vignoble de la Narbonnaise. Néanmoins, dans un contexte méditerranéen marqué par le changement climatique et la raréfaction de la ressource en eau, la viticulture doit également composer avec des difficultés économiques et l’évolution des marchés, qui interrogent la pérennité et l’adaptation du modèle viticole territorial.

Explorer de nouvelles filières agricoles

Face aux évolutions climatiques et économiques, la diversification des productions agricoles constitue une piste de réflexion de plus en plus présente en Narbonnaise. Plusieurs productions (oliviers, pistachiers, caroubiers) sont aujourd’hui explorées afin d’évaluer leur adaptation aux ressources, aux conditions méditerranéennes et aux débouchés du territoire.

Ces démarches restent encore largement à un stade exploratoire : au-delà de la faisabilité agronomique, l’enjeu est également de faire émerger de véritables filières, en structurant progressivement la production, la transformation et les débouchés économiques. La diversification s’inscrit ainsi dans une réflexion de long terme sur l’évolution de l’agriculture du territoire..

L’élevage en territoire méditerranéen

L’élevage en Narbonnaise repose principalement sur des systèmes extensifs qui valorisent les ressources fourragères spontanées. De plus le territoire de la Narbonnaise en Méditerranée est particulièrement contrasté en termes de milieux. Les élevages ovins et de taureaux camarguais sont exclusivement orientés vers la production de viande, tandis que les élevages caprins sont associés à la transformation fromagère. L’alimentation des troupeaux s’appuie sur une mosaïque de milieux dont la disponibilité et la valeur pastorale évoluent au fil des saisons.

Sur les secteurs secs des Corbières et des massifs calcaires, les parcours associent pelouses sèches, garrigues, landes, friches et espaces boisés. Les troupeaux y valorisent une végétation herbacée mais aussi, selon les espèces, des ressources ligneuses et arbustives. Les espaces agricoles participent également à cette mosaïque : friches, bordures, jachères ou parcelles viticoles durant la fin d’automne au début du printemps, peuvent offrir des ressources complémentaires.

A proximité des étangs et sur le littoral, l’élevage valorise des milieux très différents, composés de prairies humides, prés salés et végétations halophiles. Ces espaces historiquement associés à l’élevage de taureaux et de chevaux, présentent une forte saisonnalité liée aux conditions hydriques et à la salinité.

Cette diversité permet aux troupeaux de mobiliser des ressources complémentaires, mais elle implique en contrepartie une forte capacité d’adaptation des systèmes pastoraux aux saisons, aux conditions climatiques, à la disponibilité du foncier et aux partage des usages du territoire.