10 gestes simples pour économiser l’eau

Reconnu pour sa richesse naturelle exceptionnelle, notre territoire labellisé Parc naturel régional est constitué d’un équilibre subtil entre eau douce et eau salée. Il est aussi particulièrement fragilisé par les effets du changement climatique avec en particulier une diminution globale de la ressource en eau disponible et un fort déséquilibre avec la satisfaction de tous nos besoins.

Économiser nos consommations en eau, c’est donc s’adapter à ces profonds changements en préservant et en protégeant nos ressources naturelles. C’est aussi alléger nos propres factures individuelles.

Ce défi se remporte au quotidien. Voici dix réflexes simples à avoir toujours en tête, et à enseigner aux enfants.

Il ne doit pas tourner quand personne n’utilise de l’eau ou sur une période d’absence de la maison, sinon cela indique la présence d’une fuite Il faut alors vérifier l’ensemble de l’installation (robinetteries, chasses d’eau, ballon d’eau chaude…).

Un bain consomme entre 150 et 200 litres d’eau, contre environ 60 litres pour une douche classique (4 minutes d’eau continue), sans matériel économe particulier.

Une minute avec le robinet ouvert, ce sont près de 12 litres d’eau gaspillés avec une robinetterie standard (sans équipement économe), soit l’équivalent de 8 bouteilles de 1,5 litres.

Pour optimiser l’utilisation de mon lave-vaisselle ou de mon lave-linge, je veille à faire tourner l’appareil à plein. S’il n’est pas plein, je privilégie des programmes éco ou demi-charge.

Le prélavage n’est pas nécessaire pour les textiles modernes. De même, il n’est pas nécessaire de laver à très haute température : 30°C max !

J’utilise deux bacs pour le lavage et pour le rinçage pour faire la vaisselle à la main, au lieu de faire couler l’eau. Je peux aussi laver et rincer les légumes dans une cuvette en fermant le robinet, et ainsi récupérer l’eau pour arroser les plantes. De même que l’eau de cuisson des légumes verts (refroidie, bien sûr) : elle est souvent riche en minéraux utiles pour leur croissance.

Je coupe le robinet d’alimentation générale si je m’absente plus de trois jours, j’évite ainsi les mauvaises surprises au retour…

Les stations de lavage spécialisées sont équipées d’un système de traitement et permettent une économie en eau.

Le bon sens en pratique, je choisis d’abord des espèces végétales adaptées aux sols et au climat. Si c’est encore nécessaire, je privilégie systématiquement un arrosage le soir (en plein soleil, 60% de l’eau d’arrosage s’évapore…).

Utiliser le paillage pour les plantations peut aussi réduire de 70% l’évaporation des sols et, lorsque c’est possible, les brise-vents limitent aussi le dessèchement.

→ En savoir plus sur le paillage

Le proverbe dit « un binage vaut deux arrosages ». Biner régulièrement la terre la rend plus meuble et facilite l’absorption de l’humidité de la nuit et de la rosée.

S’équiper

20% de notre consommation journalière en eau est utilisé pour les sanitaires (moyenne nationale). Les dispositifs classiques consomment entre 9 et 12 litres par tirage.

Dans le réservoir d’eau des WC :

  • Remplacez les dispositifs classiques par un dispositif économe « double chasse » (3 à 6 litres par tirage).
  • S’il n’est pas possible d’installer une double chasse, placez dans le réservoir une simple bouteille d’eau remplie. Cet espace occupé est autant d’eau économisée.

Presque 40% de notre consommation journalière en eau est utilisé pour nos bains et douches (moyenne nationale). C’est le plus gros poste de consommation de la maison, très loin devant les WC (20%), la lessive (12%), la vaisselle (10%), la cuisson et les boissons (7%), et même le jardin et le lavage des voitures (6%).

Dans la salle de bain :

  • Installez un pommeau de douche économe : il réduit de 60% en moyenne le volume consommé sans perte de confort (6-9 litres par minute contre 18-20 litres pour un pommeau de douche standard). Il sera rentabilisé dès la première année.

Les appareils ménagers peuvent être très gourmands en eau, avec des écarts importants que ce soit pour les lave-vaisselles (25 à 40 litres par lavage en général, contre 10 – 15 litres pour les plus récents) et pour les lave-linges (de 70 à 120 litres par lavage pour les plus anciens, contre 40 à 90 litres pour les plus récents). Conclusion ? Soyons attentifs aux étiquettes de ventes, vérifions l’affichage des consommations en énergie et en eau.

  • Traquez les fuites !

Pour détecter les fuites, c’est simple : avant de vous coucher, vérifiez qu’aucun appareil utilisant de l’eau ne fonctionne et relevez votre compteur. Au réveil, relevez à nouveau l’index. Si le chiffre a varié, c’est qu’il y a une fuite. Dans ce cas, vérifiez les nids à fuite : chasses d’eau, robinets, soupape de sécurité du ballon d’eau chaude, etc. Une fois la fuite identifiée, intervenez le plus vite possible. Bien souvent, ce n’est qu’un joint à changer. En cas d’absence de compteur individuel, vous pouvez en demander un auprès de votre propriétaire ou de votre syndic.

  • Un robinet qui goutte pendant une journée = 50 litres d’eau de perdus
  • Une chasse d’eau qui fuit = 400 litres d’eau par jour de perdus
  • Lien vers articles « fuites d’eau » (lien non fonctionnel ?)
  • Installez des économes sur les robinets

Sur tous les robinets de la maison, vous pouvez aussi installer des économes, ou encore mieux, des embouts limiteur-régulateurs de débit. Ceux-ci réduisent non seulement leur débit à 8, 6, 4 ou 2 litres par minute (contre 12 litres pour un robinet classique), mais ils assurent également un débit constant quelques soient les variations de pression de l’eau dans le réseau de distribution. De plus, ils s’installent sans connaissances techniques particulières.

  • Attention toutefois en cas de chauffe-eau à déclenchement instantané : ceux-ci peuvent parfois être perturbés en cas de trop forte baisse des débits d’eau.
  • Isolez le chauffe-eau et les tuyaux

L’eau chaude arrive plus vite, plus besoin de laisser couler longtemps avant que l’eau ne devienne chaude. Bandes isolantes adhésives, coquilles ou manchons, chutes de laine minérale… plusieurs solutions sont disponibles dans les magasins de bricolage.

  • Réglez la température de production d’eau chaude sanitaire de votre cumulus

La plupart des chauffe-eau électriques sont réglés par défaut à la température maximum, soit environ 70°C. Cela fait surconsommer le matériel et accélère son entartrage. Et pourtant, il est souvent possible de baisser le thermostat du cumulus électrique. Pour des raisons d’hygiène et de protection sanitaire, attention toutefois à ne pas descendre en dessous d’une température d’eau chaude de 50°C.

Les fuites d’eau – Les repérer, les éviter, les réparer

Chaque goutte compte ! Dans un contexte de pression sur la ressource déjà reconnue la meilleure économie à faire est d’abord l’eau que l’on ne consomme pas. Les fuites à domicile, souvent invisibles, peuvent ainsi être responsables d’un énorme gaspillage d’eau et d’argent ! Pour une famille de 3-4 personnes, une fuite non réparée peut engendrer des surcoûts important pouvant dépasser 250 € par an, soit 14% de la consommation moyenne annuelle.

  • Contrôler votre consommation pour traquer les fuites sur votre réseau

Au moins deux fois par an, relevez votre compteur d’eau le soir avant votre coucher puis notez-le à nouveau le matin. Si personne chez vous n’a utilisé d’eau durant la nuit, toute variation de l’index indique une fuite.

  • Tester vos robinets pour éviter les micro fuites

Un robinet qui goutte est un robinet qui coûte. Goutte après goutte, c’est près de 4 litres d’eau gaspillés par jour, soit plus de 35 m3 et 185 € perdus par an. Disposez un papier essuie-tout à la base de vos robinets. Si le papier est mouillé, c’est qu’il y a une micro-fuite !

  • Repérer une fuite dans vos WC

Une chasse d’eau peut fuir de 600 litres par jour, soit la consommation d’une famille de 4 personnes et plus de 95 € par mois. Pour détecter une petite fuite, on peut fermer le robinet de la chasse d’eau et vérifier si elle se vide, ou bien verser quelques gouttes de colorant alimentaire dans le réservoir de votre chasse d’eau. Si la couleur se retrouve sur la paroi interne de vos toilettes sans activation de la chasse, c’est qu’il y a une fuite !

  • Installer des réducteurs de pression

Si la pression du réseau qui vous alimente est importante (à partir de 3 bars), la robinetterie, les chauffe-eaux ainsi que les appareils électroménagers sont soumis à dure épreuve. Vous pouvez installer un réducteur de pression au départ de votre installation d’eau. Il vous évitera des consommations d’eau excessives, des fuites prématurées à la chasse d’eau, aux raccords, au ballon d’eau chaude, etc. Et il augmentera la durée de vie de vos appareils électroménagers.

  • Surveillez particulièrement le groupe de sécurité des ballons d’eau chaude

Les fuites des groupes de sécurité des ballons d’eau chaude entartrés représentent un problème majeur dans les régions calcaires, où l’eau potable est dure. Ce dysfonctionnement fréquent peut être prévenu par des dispositifs réduisant la dureté de l’eau (filtres, adoucisseurs…) ou réparé par le remplacement du groupe.

  • Isoler du gel ses installations d’eau

Il incombe à l’usager, locataire ou propriétaire, de protéger ses installations (canalisations, robinets…) et son compteur d’eau du gel. En cas de détérioration due au gel, le coût du remplacement du compteur reste à la charge de l’usager.

Le meilleur matériau à utiliser reste le polystyrène (sous forme de sacs de billes ou pour limiter les frais, récupérez tous les morceaux qui calent les emballages). La laine de verre peut aussi convenir à cet usage, à condition d’être enfermée dans un sac plastique bien étanche. D’autres matériaux pourraient absorber l’humidité et donc aggraver la situation.

Attention aussi si votre compteur est à l’intérieur de votre maison dans une pièce chauffée : pensez, en cas d’absence prolongée, à mettre votre chauffage sur la position “hors gel”, pour maintenir une chaleur minimale.

Si malgré toutes les précautions prises, les canalisations venaient à geler, attention au chalumeau ou à la flamme en général qui ne représente pas une bonne solution pour dégeler : armez-vous plutôt d’un sèche-cheveux et de patience !

Veiller aussi à bien protéger tous vos robinets extérieurs.

Avant tout, coupez l’alimentation générale d’arrivée d’eau

  • Sur une canalisation d’eau

Si la fuite se situe au niveau d’un raccord, vérifiez que l’écrou n’est pas simplement desserré. Si la fuite persiste, changez le joint en dévissant complètement le raccord et remplacez-le.

Pour réparer provisoirement une petite fuite d’eau, le mastic d’étanchéité en cartouche est très pratique et facile à mettre en œuvre. En revanche, pour des fuites plus importantes et des réparations définitives, il faut avoir recours à la soudure au chalumeau, ou remplacer l’élément cassé.

  • Sur un robinet

Les joints des robinets eau chaude/eau froide sont souvent responsables des fuites. Ôtez les enjoliveurs en les déclipsant ou en les dévissant selon les modèles. Dégrippez et dévissez la base de la tête, retirez-la (attention un peu d’eau peut jaillir), ôtez le joint usé, remplacez-le par un nouveau, replacez la tête et voilà !

  • Sur un flexible de douche

Si une fuite est présente sur votre flexible de douche, soit au bas de la douchette, soit au bas du mélangeur, c’est que les joints ne font plus leur travail d’étanchéité. Dévissez la partie du flexible reliée au mélangeur (profitez-en pour le nettoyer s’il présente des traces de calcaire), puis celle reliée à la douchette. Placez les joints à chaque extrémité dans les culots du flexible et revissez au mélangeur puis à la douchette.

  • Sur une chasse d’eau

1er cas : le flotteur reste coincé en position basse, provoquant un débordement. Il suffit généralement d’ouvrir la cuvette et de voir pourquoi il coince (mauvaise position du robinet de chasse ou du robinet à clapet sur son siège, tiges de levage tordues ou mal alignées).

2e cas : le joint entre le dispositif de chasse et la cuvette peut être détérioré. Il suffit alors de le changer pour quelques centimes d’euros.

3e cas : un problème de mécanisme peut survenir, il faut alors le changer.

Que payez-vous dans une facture d’eau ?

C’est le service de l’eau que vous payez (hors taxes et prélèvements obligatoires) :

  • Prélèvement de l’eau dans le milieu naturel (nappe souterraine, rivière, fleuve…)
  • Potabilisation (usine de traitement de l’eau)
  • Surveillance et sécurisation (risque de pollution, de pénurie)
  • Acheminement jusqu’à votre domicile (canalisation eau potable)
  • Récupération d’eaux usées (canalisation eau usée)
  • Traitement et retour dans la nature (station d’épuration avant rejet).

Ce service, et donc son prix, varie aussi en fonction de la qualité, de la fragilité et de la pression qui s’exerce sur les ressources (pollution, prélèvements excessifs…).

Dans la Narbonnaise, le prix moyen d’un m3 d’eau est de 5,37 euros (en 2023), soit une facture de l’ordre de 360 euros par an pour une seule personne consommant 184 litres / jours (moyenne littorale audoise).